L’instant présent : état ou compétence ?
- Charlotte de Joybert
- il y a 5 jours
- 3 min de lecture

« Je veux me sentir libérée. Heureuse. Soulagée. Vivre à 100 % dans l’instant présent. »
C’est ainsi qu’une femme a formulé son objectif lors d’une première séance il y a quelques jours.
Elle venait consulter pour des pensées obsessionnelles très envahissantes. Un mental qui ne s’arrête jamais, un corps sous tension en permanence.
Et surtout, une attente très forte vis-à-vis de cette séance. L’espoir, parfois implicite, qu’un basculement ait lieu. Qu’après cette séance, quelque chose soit différent.
Un objectif légitime… et chargé d’attentes
En tant que thérapeute, j’entends souvent ce type de demande.
Elle est compréhensible.
Quand on souffre, on aspire naturellement à se sentir soulagé, apaisé, libéréééé.
Et la notion d’« instant présent » est devenue, ces dernières années, une sorte d’idéal : un endroit où tout irait mieux, où le mental se tairait enfin.
Mais derrière cette formulation, il y a parfois un malentendu.
Car vouloir vivre dans l’instant présent ne signifie pas nécessairement savoir comment y accéder.
Et encore moins être prêt, corporellement, à y entrer.
Dans cette séance, une chose était assez claire dès le départ : le lien au corps était très peu présent.
Respirer en conscience, sentir ses appuis, observer ses sensations… tout cela était nouveau, presque étranger.
Le choix thérapeutique… et le risque qui l’accompagne
Je suis consciente que le rôle du thérapeute est, avant tout, de répondre à la demande telle qu’elle est formulée. Et pourtant, en fin de séance, au vu du temps qu’il nous restait, j’ai fait un choix.
J’ai pris le risque de ne pas chercher à « faire disparaître » l’obsession, mais de proposer autre chose : ramener cette personne dans son corps, lui faire vivre, ne serait-ce que quelques minutes, une expérience de présence.
Non pas comme une idée ou un concept, mais comme un ressenti.
L’intention était simple : lui permettre de sentir, de l’intérieur, que quelque chose est déjà là. Que l’instant présent n’est pas forcément un état spectaculaire, mais parfois un micro-espace, discret, accessible par le corps.
Quand l’expérience ne rencontre pas l’attente
Le moment a été agréable. Il y a eu un apaisement ponctuel. Mais la réceptivité n’était pas vraiment au rendez-vous.
Ce qu’elle attendait, au fond, c’était autre chose : une séance d’hypnose qui lui ferait oublier son obsession. Qui la ferait taire. Qui l’effacerait, au moins temporairement.
Et ce n’est pas ce que cette fin de séance lui a offert.
La déception était là.
Non pas parce que la séance n’avait « pas fonctionné », mais parce que ce qui avait été vécu ne correspondait pas à ce qui était espéré.
Ce que cette séance m’a rappelé
Cette situation m’a rappelé quelque chose d’essentiel dans le travail thérapeutique : l’écart peut être important entre ce que la personne espère, ce que le thérapeute propose, et ce que le temps d’une première séance permet réellement.
Une première séance n’est pas toujours un moment de libération.
Parfois, c’est une séance de découverte. De prise de conscience. De premier contact avec des dimensions jusque-là peu explorées, comme le corps ou les sensations internes.
L’instant présent, dans ce contexte, n’est pas toujours vécu comme un soulagement immédiat. Il peut être déroutant. Fragile. Inconfortable même.
L’instant présent : un idéal ou une compétence ?
Cette séance m’a aussi rappelé que l’instant présent est souvent envisagé comme un état à atteindre, alors qu’il s’agit bien plus souvent d’une compétence à construire.
Une compétence qui passe par l’expérience, la répétition, l’entraînement.
Une compétence qui ne se décrète pas et ne s’impose pas au rythme de l’attente.
L’hypnose et la sophrologie ne sont pas des outils magiques. Elles n’effacent pas d’un coup ce qui s’est installé sur des mois ou des années. Elles ouvrent un espace. Elles amorcent un mouvement. Et ce mouvement demande parfois plus de temps que ce que l’on imaginait au départ.
Je suis Charlotte de Joybert, Hypnothérapeute et Sophrologue, spécialisée dans la gestion des émotions, la gestion du poids et l'arrêt du tabac.
J’accompagne des particuliers souhaitant retrouver leur équilibre, en consultation au cabinet situé 6 rue Édouard Branly, 91800 Brunoy, ou en visioconférence.
J’interviens également auprès des entreprises et des collectivités, dans le cadre d’actions de prévention, de bien-être et de santé mentale, à travers des séances et ateliers adaptés aux besoins des équipes et des publics accompagnés.
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