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Insomnie : quand les difficultés s'installent pourquoi agir ?

il y a 14 heures
6 min de lecture

Quand on parle d’insomnie, on imagine souvent une personne qui se couche, regarde les heures passer et n’arrive pas à s’endormir.


Pourtant, l’insomnie ne concerne pas uniquement les difficultés d’endormissement.


Elle peut aussi se manifester par des réveils fréquents ou prolongés pendant la nuit, ou encore par un réveil beaucoup plus tôt que souhaité avec l’impossibilité de retrouver le sommeil.

On peut donc s’endormir facilement… et rencontrer malgré tout de véritables difficultés liées au sommeil.



Qu’est-ce que l’insomnie exactement ?

L’Assurance Maladie définit l’insomnie comme un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité qui entraîne des répercussions sur les activités physiques, psychiques et sociales de la journée.


Elle peut prendre différentes formes :

  • des difficultés d’endormissement : le sommeil tarde régulièrement à venir ;

  • des difficultés à maintenir le sommeil : les réveils nocturnes sont fréquents ou prolongés et il devient difficile de se rendormir ;

  • un réveil trop précoce : le réveil survient bien avant l’heure souhaitée, sans parvenir à retrouver le sommeil.


Mais se réveiller pendant la nuit ou connaître quelques mauvaises nuits ne signifie pas nécessairement souffrir d’un trouble de l’insomnie.


Le diagnostic prend également en compte les répercussions pendant la journée et le fait que les difficultés surviennent alors que la personne dispose normalement du temps et de conditions permettant de dormir.


Il n’existe donc pas un nombre d’heures précis en dessous duquel une personne deviendrait automatiquement insomniaque. Les besoins de sommeil diffèrent d’une personne à l’autre.


Et quand parle-t-on d’insomnie chronique ?

Les recommandations européennes retiennent plusieurs critères.


Les difficultés de sommeil et leurs répercussions pendant la journée doivent notamment être présentes au moins trois fois par semaine et depuis au moins trois mois, malgré une possibilité suffisante de dormir.


Les répercussions peuvent être multiples :

  • fatigue ou sensation de malaise ;

  • difficultés d’attention, de concentration ou de mémoire ;

  • irritabilité ou perturbations de l’humeur ;

  • somnolence pendant la journée ;

  • baisse de motivation ou d’énergie ;

  • difficultés dans la vie professionnelle, scolaire, familiale ou sociale ;

  • préoccupations importantes autour du sommeil.


Une période de sommeil perturbé à la suite d’un événement stressant ou d’un changement de rythme n’est donc pas automatiquement une insomnie chronique.

C’est notamment la répétition, la durée des difficultés et leur retentissement dans la journée qui permettent d’évaluer la situation.


L’insomnie ne se résume pas au nombre d’heures dormies

« Je ne dors que six heures, est-ce que je suis insomniaque ? »

La réponse n’est pas nécessairement oui.


Certaines personnes ont naturellement besoin de davantage de sommeil que d’autres. À l’inverse, passer huit heures au lit ne garantit pas que le sommeil soit satisfaisant.


Une personne peut par exemple s’endormir rapidement mais se réveiller plusieurs fois chaque nuit et rencontrer ensuite des difficultés importantes pendant la journée.


La question n’est donc pas seulement :


« Combien d’heures est-ce que je dors ? »

mais également :

« Comment est-ce que je dors et quelles conséquences cela a-t-il sur mes journées ? »


Pourquoi l’insomnie chronique mérite-t-elle d’être prise au sérieux ?

Une importante synthèse scientifique publiée en septembre 2026 dans Sleep Medicine Reviews apporte de nouvelles données sur cette question.


Les chercheurs ont réalisé une « umbrella review » : ils n’ont pas étudié quelques dizaines ou quelques centaines de patients, mais ont analysé les résultats de 16 revues systématiques avec méta-analyses portant sur les conséquences à long terme associées à l’insomnie.


Leurs résultats retrouvent notamment des associations entre l’insomnie et la dépression, le suicide et certaines démences.

Les chercheurs ont également réalisé de nouvelles méta-analyses lorsque les données disponibles le permettaient.

Pour les accidents vasculaires cérébraux (AVC), l’analyse de 9 études représentant plus de 1,3 million de participants retrouve une association entre insomnie et risque ultérieur d’AVC.

Pour les hospitalisations toutes causes confondues, une association est également observée à partir de 5 études représentant plus de 500 000 participants.

Ces résultats ne signifient cependant pas que l’insomnie est directement responsable de ces maladies.


Une association statistique ne permet pas, à elle seule, d’établir une relation de cause à effet. De nombreux facteurs peuvent intervenir simultanément.


Ces travaux renforcent néanmoins une idée importante : une insomnie qui persiste mérite d’être prise au sérieux plutôt que considérée comme une simple fatalité.


Quand le sommeil devient lui-même une préoccupation

Après plusieurs mauvaises nuits, quelque chose peut progressivement changer dans la relation au sommeil.


Le soir approche et certaines pensées apparaissent :

« J’espère que je vais réussir à dormir cette nuit. »

« Si je me réveille encore à 3 heures, demain va être difficile. »

« Il ne me reste plus que cinq heures avant de devoir me lever… »


On regarde l’heure. On calcule le temps de sommeil restant. On surveille l’arrivée du sommeil. On cherche parfois à le provoquer.

Le coucher peut alors progressivement devenir associé à davantage de tension, de vigilance ou de préoccupations.


Or le sommeil ne fonctionne pas comme une action volontaire : on ne peut pas décider de s’endormir de la même manière que l’on décide de fermer les yeux ou de lever un bras.


Chercher à contrôler toujours davantage son sommeil peut ainsi devenir particulièrement frustrant.


Que faire lorsque l’insomnie s’installe ?

Lorsque les difficultés de sommeil deviennent régulières, persistent ou ont des répercussions importantes pendant la journée, il est utile d’en parler à son médecin.

Toutes les difficultés de sommeil ne sont pas des insomnies.


Un professionnel de santé peut notamment rechercher d’autres causes possibles : syndrome d’apnées du sommeil, syndrome des jambes sans repos, douleurs, maladie, effets de certains médicaments ou autres troubles pouvant perturber le sommeil.

Tenir pendant quelques jours un agenda du sommeil, dans lequel sont notés les horaires de coucher et de lever, les réveils nocturnes, la qualité ressentie du sommeil ainsi que l’état pendant la journée, peut également aider à mieux comprendre ce qui se passe.


Quel est le traitement recommandé pour l’insomnie chronique ?

Pour l’insomnie chronique chez l’adulte, les recommandations européennes placent la thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie (TCC-I) en traitement de première intention.

Elle ne consiste pas simplement à appliquer quelques conseils d’hygiène de sommeil.

Elle peut notamment travailler sur les comportements associés au sommeil, les habitudes qui contribuent à entretenir les difficultés, le temps passé au lit, les associations entre le lit et l’éveil ainsi que les pensées et préoccupations développées autour du sommeil.

Elle peut être proposée en présentiel ou sous certaines formes numériques.


Et l’hypnose ou la sophrologie ?

L’hypnose et la sophrologie peuvent être proposées dans une démarche complémentaire, notamment lorsque les difficultés de sommeil s’accompagnent de stress, de ruminations, de tensions ou d’une appréhension du coucher.


Selon les besoins de la personne, le travail peut notamment s’appuyer sur la respiration, le relâchement corporel, la focalisation de l’attention ou encore l’imaginaire, avec l’objectif de favoriser un état plus propice au repos et de retrouver progressivement une relation plus sereine avec le sommeil.


L’accompagnement est adapté à la manière dont les difficultés se manifestent : endormissement difficile, réveils nocturnes, réveil précoce, pensées envahissantes au moment du coucher ou crainte de passer une nouvelle mauvaise nuit.


Un accompagnement par l’hypnose ou la sophrologie ne remplace pas un diagnostic médical ou une prise en charge spécialisée lorsqu’ils sont nécessaires.


Retrouver une relation plus sereine avec ses nuits

Lorsqu’on dort mal depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois, l’objectif n’est pas forcément de rechercher immédiatement une nuit « parfaite ».


Il peut d’abord être utile de comprendre quelle forme prennent les difficultés :

Est-ce l’endormissement ?

Les réveils nocturnes ?

Un réveil trop précoce ?

Les pensées qui apparaissent lorsque l’on se réveille ?

Ou encore la crainte, dès la journée, de passer une nouvelle mauvaise nuit ?


Identifier ce qui se passe permet déjà de sortir d’une vision très générale du « je dors mal » et d’orienter plus justement la prise en charge.


Parce qu’il n’existe pas une seule manière de souffrir d’insomnie… et qu’une difficulté de sommeil persistante mérite d’être comprise avant de chercher simplement à « dormir davantage ».



Et maintenant ?


Si vos difficultés de sommeil s’installent, si les réveils nocturnes se répètent ou si le coucher devient progressivement une source de tension ou d’appréhension, il peut être utile de ne pas rester seul face à ces difficultés.


L’hypnose et la sophrologie peuvent être utilisées en complément d’une prise en charge adaptée, notamment pour travailler autour du stress, des ruminations, du relâchement et des préoccupations associées au sommeil.


Je suis Charlotte de Joybert, Hypnothérapeute et Sophrologue.

J’accompagne enfants, adolescents et adultes autour de différentes problématiques, notamment la gestion des émotions, l’anxiété, le stress et certaines difficultés liées au sommeil, en consultation au cabinet situé 6 rue Édouard Branly, 91800 Brunoy, ou en visioconférence.


J’interviens également auprès des entreprises et des collectivités, dans le cadre d’actions de prévention, de bien-être et de santé mentale, à travers des séances et ateliers adaptés aux besoins des équipes et des publics accompagnés.


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En cas d’insomnie persistante ou de répercussions importantes dans la journée, un avis médical est recommandé afin d’en rechercher les causes et d’orienter si nécessaire vers une prise en charge adaptée.

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